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Des chasseurs-cueilleurs aux agriculteurs-éleveurs…

mardi 23 juin 2015

Des chasseurs-cueilleurs aux agriculteurs-éleveurs…

Le texte ci-dessous a été écrit par les élèves de la seconde 4, suite à la conférence qui leur a été donnée par l’archéologue Boris Valentin.

Dans le cadre du projet de MPS, qui est un enseignement d’exploration dans lequel nous avons planté des arbres pour en faire des haies, où nous avons cultivé un jardin biologique et appris comment fonctionnent les plantes et étudié l’agriculture dans le monde, nous avons reçu M. Boris Valentin, le 20 mai 2015, qui est archéologue et professeur à l’université de la Sorbonne. Il est venu nous présenter les premières traces de l’agriculture, ainsi que l’homme du néolithique et sa façon de vivre.

L’invention de l’agriculture s’est sans doute effectuée simplement. L’homme, inconsciemment, a disséminé des graines autour de son habitation, il a pris ensuite conscience de la possibilité de cultiver des plantes. Il a domestiqué aussi des animaux sauvages qui, après de nombreuses années, ont subi une spéciation.
Ainsi, l’agriculture a été inventée dans de nombreux foyers, à diverses périodes, puis elle s’est peu à peu diffusée sur tous les territoires.

Elle a d’abord commencé au Proche-Orient, dans le Croissant Fertile. Les hommes ont domestiqué le loup vers 12 500 avant J.-C., qui est devenu le chien actuel par spéciation. Les habitants du Croissant Fertile cultivaient des céréales sauvages (blé, orge...) et des plantes comme la pistache, dont la culture a commencé alors vers 10 000 avant J.-C. Entre 8 500 et 7 500 avant J.-C, les hommes du Croissant Fertile ont domestiqué la vache, le porc et le mouflon (mouton actuel). L’élevage et l’agriculture se sont développés par la création de petits villages ; on considère alors ces hommes comme des paysans.
En Asie de l’Est, un autre foyer important est apparu à partir de 7000 avant J.C., il était avant tout fondé sur la culture du riz et du millet. Un autre est né de façon concomitante en Nouvelle-Guinée, cette fois les cultures de base étaient la banane, le taro ou la canne à sucre.
Ailleurs, l’Afrique fut l’un des autres foyers d’invention de l’élevage mais la culture de végétaux y a été moins importante que dans les autres foyers d’invention.
En Amérique, l’agriculture fut créée beaucoup plus tard, entre 2 500 et 100 avant J.-C. Ce sont des Paléoindiens, venus d’Asie par le détroit de Behring, qui ont commencé à pratiquer la culture. Ils étaient encore nomades lorsqu’ils ont commencé à cultiver. L’agriculture n’a pas été diffusée en Amérique mais y est bien née. Au Mexique on cultivait du tabac, du maïs, des avocats et des haricots ; dans les Andes on cultivait des courges, du piment et du coton ; au Mississippi de la courge et des tournesols ; et en Amazonie, du manioc. Les Américains ne pratiquaient que très peu la domestication, si ce n’est pour aider à transporter, comme les lamas par exemple.

À partir de chaque foyer la pratique agricole s’est diffusée par contact entre les populations. L’agriculture créée au Proche-Orient s’est diffusé principalement vers le nord-ouest, c’est-à-dire vers l’Europe, le Maghreb et l’Asie occidentale. Peu à peu au gré de l’histoire, certaines cultures se sont diffusées au monde entier : la banane, domestiquée en premier en Nouvelle Guinée par exemple.

Quant à la question des raisons qui ont poussé les hommes à inventé l’agriculture et l’élevage alors que tous étaient des chasseurs/pêcheurs-cueilleurs, elle demeure complexe. Vraisemblablement, ils ont commencé l’agriculture avec l’arrivée de la sédentarisation. En effet les nomades, ces chasseurs-cueilleurs ayant localement assez de gibier et de céréales se sont sédentarisés en ayant suffisamment de ressources sur certains territoires. Le changement climatique y fut sans doute pour quelque chose. Il a permis des récoltes plus abondantes à certains endroits, ce qui a poussé les gens à se sédentariser. Mais les récoltes abondantes n’étaient pas assurées chaque année ; ils ont donc dû se mettre à stocker leurs récoltes, ce qui engendre la formation d’une hiérarchie dans la société.
De plus, du fait qu’ils se sont rendus compte que les récoltes pouvaient repousser, ils se sont mis à contrôler leurs récoltes et aussi créer une agriculture ; ils se sont aussi mis à l’élevage, tout d’abord de loups (pour aider à chasser), mais aussi à l’élevage de moutons (pour notamment la viande, la laine et le lait pour la production de fromage). Mais d’un foyer à un autre, les causes de la sédentarisation et l’invention de l’agriculture, et de l’élevage ont pu varier.

Aujourd’hui, dans certains lieux, il y a encore des chasseurs-cueilleurs. Cette activité se pratique dans les espaces à faible densité, particulièrement en forêt équatoriale comme les Akas en Afrique centrale. Ce n’est pas par ignorance de l’agriculture qu’ils persistent à pratiquer la chasse et la cueillette : les Akas par exemple sont en relations constantes avec leurs voisins sédentaires et agriculteurs. Si ces peuples ne pratiquent pas l’agriculture et l’élevage, c’est parce qu’ils refusent tout acte de domination sur les animaux. C’est notamment le cas des Awá, qui vivent dans l’état du Maranhão en Amazonie brésilienne. Ces peuples sont souvent en voie de disparition, particulièrement au Brésil du fait du développement économique. Dans ce monde en perpétuel mouvement, toute culture fondée sur l’intangibilité de valeurs et de traditions est donc vouée à disparaître.

Nous en concluons que l’agriculture et l’élevage ont eu plusieurs formes et à plusieurs périodes. Au Proche-Orient, les premiers paysans ont davantage utilisé l’agriculture plutôt que l’élevage tandis qu’en Afrique, les peuples ont davantage pratiqué l’élevage.

Ensuite, au cours des siècles, les types de ressources alimentaires se sont étendus au monde entier et aujourd’hui les pratiques agricoles se sont uniformisées. Seuls certains peuples ont fait le choix de continuer à vivre de pêche, chasse et cueillette, mais ils sont en voie de disparition.


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